Considération et technicien informatique

Souvent considéré comme petite main ( pour ne pas dire de la merde) et relégué dans un bureau douteux, il n’en est pas moins indispensable (soyons fous), surtout à l’heure ou tout ou presque est informatisé.

Sus aux préjugés.

D’abord,le technicien n’est pas forcément bizarre. Y’a des perles, je te l’accorde, surtout au niveau vestimentaire. Mais je t’assure qu’un technicien informatique ça mange, ça boit, et ça a même une vie, un prénom et un nom de famille.

Certains disent que c’est un être humain comme les autres, j’ai encore mes réserves là-dessus (faut pas pousser le bouchon dans mamie).

Ensuite, le technicien ne se gratte pas les miches toute la journée en attendant l’utilisateur qui viendra le sauver de son ennui. Quand j’entends dire « mais quelle bande de branleurs au service info », j’ai tendance à un peu prendre la mouche. Tout comme les autres corps de métiers, on a déjà notre boulot, et évidemment tout est toujours urgent. Au 5eme y’a Mme Michaud qui a sa souris qui marche plus et qu’elle doit rendre son doc excel depuis hier, au 3 y’a M. Dupuis qui a son imprimante qui n’imprime plus et qu’il doit absolument sortir les 500 feuilles de son compte rendu tout de suite, etc…

Et le clônage humain, c’est pas encore ça. Surtout que les ¾ du temps c’est au final pas un problème de PC, hardware et software confondus, mais un problème d’utilisation/utilisateur.

Le technicien bosse de temps en temps sur des trucs tordus , faits pas les utilisateurs qu’on sait pas trop comment ils se sont démerdés. Parce que va comprendre comment Mme Michaud du 5 a réussi à faire un problème aussi relou dans excel. C’est ce qui casse le côté un peu redondant (youhou, c’est foufou) de la profession. On va pas mentir, t’as souvent les mêmes pannes qui reviennent.

C’est pas qu’on aime se prendre le chou sur d’obscures macros Excel à la con. C’est qu’on a pas trop le choix. Et que ça fait partie du boulot.

Le technicien informatique ne répare pas des frigos ou des télés. Et pour reprendre les paroles de mon tuteur en BTS « quand t’as un souci de bagnole, t’appelles pas ton plombier ?! ».

Le tech est aussi un peu psy sur les bords. On le sait que M. Dupuis est totalement réfractaire, n’empêche qu’il faut qu’on comprenne ses peurs face à cette chose absolument obscure qu’est l’informatique pour lui faire comprendre une fois pour toute, que non, quand son écran est noir le lundi matin, c’est pas que son PC est en carafe, c’est juste que l’écran est pas allumé, et que pas vouloir comprendre (et le faire exprès) ça ralentit tout le monde.

Dernier point: le tech aime pas forcément faire des heures sups. le soir et/ou le week-end ( un grand merci à mes amis de comprendre ce principe). C’est pas que j’aime pas mon boulot, c’est juste que j’ai une vie entre la poussière, les poils de chat coincés dans les claviers, la pâte thermique et les HDD qui lâchent. Presque à chaque fois que j’annonce mon boulot à de nouvelles rencontres (forcément les anciennes sont déjà briefées), j’ai le droit à un “tiens bah ça tombe bien j’ai le PC de la copine de mon petit neveu qui a un souci…et bliblibli et blablabla” (j’arrête souvent d’écouter au début de la phrase).

Après, si c’est demandé gentiment et que j’ai du temps…faut voir.

Opération à châssis ouvert

Le PC qu’on m’amène ce matin rencontre un typique problème de surchauffe.

Le symptôme? Ventilateur à fond les ballons et air en sortie d’aération un peu trop chaud à mon goût.

Munie de mes tournevis et d’une seringue de pâte thermique, je commence l’opération.

Extinction de la machine…

J’enlève le disque dur….

J’attaque le dévissage du châssis.

A ce moment là, j’espère juste qu’il s’agira d’un banal problème de poussière devant l’aération, comme ça arrive assez souvent. Ou peut-être un manque de pâte thermique? Dans le pire des cas, le rad et/ou le ventilo seront à changer.

Je dévisse le rad et constate en effet que la pâte thermique manque. Maintenant c’est au tour du ventilo. Comme je l’avais senti, il y a également de la poussière dans l’aération. Tu m’étonnes que ça souffle. Je remets le ventilo en place, mets de la pâte thermique là où ça va bien (en m’en fichant au passage sur les doigts et le bureau sinon c’est pas drôle), revisse le rad sur la carte mère.

Revissage du châssis (ça c’est chiant)

On remet le disque dur.

Heure de vérité: j’allume la machine.Je laisse ensuite un peu tourner. Tout m’a l’air ok.

L’opération s’est bien passée.

L’anecdote, c’est que bien que m’étant lavé les mains après tout ce fourbi (et avoir vérifié dans le miroir si j’en avais pas sur la figure) j’ai quand même trouvé le moyen de me ballader dans les transports avec une trace de pâte thermique sur la joue. Evidemment, je ne l’ai vu qu’en rentrant chez moi.

la lumière sur mon boulot

Je me suis aperçue, que s’il y a bien un aspect de ma vie que je n’ai jamais abordé, c’est bien le boulot. C’est pas comme si ça occupait mes journées, que ça payait mes factures et que ça n’avait aucune importance dans ma vie.

Je suis technicien (je sais qu’on dit technicienne pour une fille, mais je trouve ça laid) informatique de proximité et de niveau 1, donc en gros, mon rayon c’est le problème hardware et software. Pas de réseau, de serveur, d’active directory, de droits, etc…Les gens viennent me voir quand ils ont (provoqué) un problème sur leur ordi. Je vous passe les process de ma boîte, y’a rien de transcendant et je ne suis pas sure d’avoir le droit de m’attarder dessus. Globalement, les soucis qui reviennent sont à peu près toujours les mêmes et il est assez rare qu’on ait à se prendre le chou pour un truc qu’on peut pas résoudre. Et pour ça..il y a le niveau 2.

Un énooooooorme avantage: pas de hotline. Pratiquement jamais de téléphone, et ça tombe bien parce que j’y suis allergique. La contrepartie, c’est que les utilisateurs viennent nous voir directement et que des fois (même souvent) on est déjà pas mal occupés (j’aurai dû être une pieuvre).

Un autre truc vachement cool, c’est que les utilisateurs ont, pour 95% d’entre eux, des portables. Pas besoin de porter une tour ou d’aller se faire **ier sous les bureaux (avec les blagues graveleuses qui vont avec, je te laisse imaginer) à tripatouiller les machines. Là l’utilisateur vient, pose son laptop sur mon plan de travail, et ensuite c’est à moi de jouer.

Petit hic tout de même, c’est qu’on a un peu l’impression de stagner voire de régresser. Pour preuve, les bases apprises en BTS IG (pourtant pas si loin), sont déjà presque toutes oubliées. Genre, si calculer un plan d’adressage IP me semblait un jeu d’enfant…là, je serai un peu paumée et il me faudrait un certain temps pour ne pas faire un truc trop dégueulasse.

Je bosse en équipe, et comme tu peux l’imaginer, je suis la seule donzelle (« grognasse », qu’ils disent mes bougres de co-bras cassés). Je préfère largement bosser dans une équipe masculine(j’ai été traumatisée par la L), Faut dire qu’en choisissant ce métier (ça a commencé avec mes études), je savais à quoi m’en tenir.

Un jour, j’essayerai de te poster une journée type.